20 % des ETP dans la production agricole contre 50 % dans la distribution
Alors que la production agricole représente près de 630 000 ETP en 2020, l'amont et l'aval en totalisent près de 3,2 millions contre 900 000 dans l'ensemble de la filière automobile.
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3 180 000 ETP : c'est ce que pèse l'agroalimentaire en France. L'équivalent de 11 % des ETP tous secteurs confondus et trois fois plus que l'automobile. Dans le détail, la distribution arrive en premier et de loin avec 1 537 000 ETP (près de 50 %) : 758 000 dans la RHD (23 %), 459 000 dans les GMS et épiceries (14 %), 319 000 dans les commerces traditionnels (10 %). Vient ensuite, loin derrière, la production agricole (emplois dans les exploitations et la prestation de services) avec 626 000 ETP (19,7 %), 60 % en lien avec les cultures et 40 % l'élevage.
Suivie par l'aval direct : 596 00 ETP (18,7 %) dont 471 000 dans la transformation et la mise en marché (15 %). Puis l'amont : 213 000 ETP, soit 6,5 % (101 000 dans l'agroéquipement et les bâtiments, 45 000 dans la fertilisation et l'alimentation animale, 30 000 dans la protection des plantes et la santé animale, 21 000 dans la génétique et le contrôle de performance). La logistique représente 158 000 ETP (5 %). Le para-agricole compte pour 52 000 ETP (1,5 %) dont 31 000 dans la recherche et la formation, 21 000 dans l'administration, le développement agricole et la représentation politique.
La filière céréalière : n°1 de l'agroalimentaire
En regardant chaque filière, les céréales sont en tête du classement (662 000 ETP) – la distribution ayant un poids particulièrement important –, devant le lait de vache (516 000 ETP), les herbivores viande (376 000 ETP), les oléagineux (91 000 ETP) et les protéagineux (11 000 ETP). « Celles qui paraissent peu influentes peuvent avoir un impact local fort », précise Paul Pagès, ingénieur en études économiques à l'Idele, lors de la présentation en décembre dernier de l’étude du RMT Filarmoni sur la quantification des emplois dans les filières agroalimentaires françaises.
Entre les filières herbivores lait, viande et céréalière, la part de la distribution passe de 37 à 46 et 53 % (et même du simple au double puis triple si on ne considère que les bovins), les différences au niveau de l'amont (entre 7 et 9 % des céréales aux herbivores lait), l'aval (entre 16 et 23 % des céréales aux herbivores viande) et la production (16 % pour les céréales, 20 % les herbivores lait et 27 % les herbivores viande) étant bien moindres.
Hausse globale de l'emploi
« Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces écarts : le niveau de segmentation, les surfaces cultivées et la taille des cheptels, le degré de transformation et la diversité d'utilisation des produits finis. L'organisation des filières et la productivité du travail interviennent également. » Entre 2012 et 2022, l'emploi global a progressé de + 11 % malgré une diminution de - 7,8 % dans la production agricole en tenant compte de l'externalisation, et de - 11 % sinon (à comparer aux - 8,8 % observés pour le para-agricole).
Dans l'ensemble de la population active, ce dernier a augmenté de + 10 % sur la même période. « L'agroalimentaire fait donc mieux », appuie Paul Pagès. Une augmentation « portée essentiellement par la logistique (+ 96,6 %), la distribution et la RHD (+ 20,9 %), en raison du développement de la restauration rapide livrée à domicile, et par l'amont (+ 19 %). « L'emploi se tertiarise comme dans les autres domaines professionnels. »
Forte concentration dans le Grand Ouest
En ne tenant compte que de l'agroalimentaire, la répartition de l'emploi dans les territoires est très hétérogène, concentrée essentiellement dans le Grand Ouest, alors qu'elle est assez équilibrée pour la production agricole. « C'est la seule région où l'agroalimentaire dépasse, en termes d'emploi, le secteur agricole. » Les filières animales y sont prédominantes, équivalant à 60 % des emplois agricoles et agroalimentaires.
En Normandie, 58 % sont en lien avec l'élevage d'herbivores, ce pourcentage étant le plus important dans le Massif Central – 63 % (72 % des emplois dans les filières animales) – et notamment le Limousin pour les vaches allaitantes. « Il est élevé également dans les Alpes du Nord et très orienté vers les bovins lait : 40 à 60 % des emplois selon les zones. »
Les céréales bien réparties sur le territoire
Les céréales et oléoprotéagineux, en revanche, sont plutôt bien répartis sur le territoire national. Le bassins parisien, jusqu'au Centre-Val de Loire et Hauts-de-France (30 à 40 % des emplois), et aquitain ressortent cependant. Quant au poids global de l'agriculture et l'agroalimentaire, ces derniers ne totalisent à eux deux que 4 % de l'emploi français : de moins de 4 % dans les principales zones urbaines, touristiques et côtières à 40 % dans certaines parties du Grand Ouest.
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